Archive for the ‘N’importe quoi’ Category

L’exposition Bodies… et «La chair disparue»

7 juin 2009

J’apprenais aujourd’hui que la controversée exposition Bodies ouvrait cette fin de semaine à Québec, à l’Espace 400e.

Je n’ai entendu parlé de cette exposition qu’entre les branches, un peu dans les journaux, n’ai vu que quelques extraits en images. J’ai eu vent de l’odeur  de la contreverse qui l’entourait ces dernières semaines, mais n’y ai pas porté grande attention, outre que je trouvais le sujet intéressant. Alors, de retour chez moi en fin d’après-midi ce dimanche, je suis allé lire sur le Net à son sujet, question d’en savoir un peu plus.

C’est une expo créée par un médecin allemand qui avait pour but de présenter le corps humain sous un angle à la fois éducatif et artistique. Mais sans aucun doute aussi pour bousculer un grand tabou: montrer les dessous inesthétiques de notre machine de chaire, de notre saint corps ! Le corps humain, contrairement à la majorité des autres corps animaux, parce qu’il est le nôtre devrait-il être traité avec plus d’estime ? Je ne crois pas personnellement.

Il y a quelques siècles, De Vinci nombres d’autres artistes et scientifiques de la Renaissance avaient, illégalement,  ouvert des corps d’hommes et de femmes pour en examiner les entrailles et en cartographier le contenu dans le noble but mieux connaître le fonctionnement du méchanisme dans lequel nous vivons. Ces hommes avaient osé affronté cet interdit presque universel pour le bien de l’humanité, s’étaient risquer à de cruelles condamnations pour nous permettre de mieux nous connaître. Aujourd’hui, que l’utilisation de corps pour des fins scientifiques est tout à fait légalisé, un homme a eu l’idée d’en faire la matière d’une oeuvre muséale.

Et c’est encore très audacieux de sa part.

D’abord, en en entendant parler, j’ai trouvé cela troublant mais attirant à la fois. Nous présenter notre propre anatomie avec de vrais de vrais corps humains, et non pas, comme ces biblots de plastique que l’on peut voir chez notre médecins  ou dans la classe de biologie au secondaire qui représentent un soit un coeur, un cerveau, un poumon, un système digestif…  mais ce sont de vrais de vrais organes, de vrais de vrais muscles, intestins, tendons, os et nerfs.

Comme plusieurs, je me suis dis que le créateur avais dû utiliser des cadavres de morts qui avaient volontairement légué leur corps à la science. Neni ! On apprend que ces corps ont été récupérés en Chine dans des banques de corps non réclamés et non identifiés. Bof ! Pis après, je me dis. Le mort, il est mort, il n’y avait personne pour le reconnaître, ce devait être un robineux de Shangai ou Pékin, un sans famille, un abandonné de tous. Pour moi, une fois qu’on est mort, c,est fini. Si on tenait à ce que nos restes soient traités avec une quelconque forme de cérémonial et d’honneur, on n’avait qu’à s’y préparer avant de mourir, faire la demande à nos proches ou si en l’absence de proches (pour un ermite ou un itinérant sans famille, trouver quelqu’un de responsable pour disposer notre carcasse. Plusieurs, j’admets avec raison, discutent du caractère éthique de la démarche de l’auteur: les corps sont (étaient) chinois, on ne connaît leur origine et sachant que le gouvernement de pays est l’un des moins respectueux des droits humains, rien ne nous assure que ces hommes et femmes n’étaient pas des prisonniers politique, Tibétains par exemple, torturés, violés, imaginons-quoi-que-nous-voulons.

L’expo a été interdite dans plusieurs pays pour plusieurs raisons (tabou universel de l’exposition du corps humain comme objet, esthétique dégoutante de ces morceaux de chaire vives) mais surtout parce que la provenance des corps étaient discutable.

La première idée qui m’est venue en apprenant l’arrivée à Québec de cette exposition était que j’y voyais une étrange similitude avec un roman que j’avais lu cet hiver: La chair disparue, de Jean-Jacques Pelletier. C’est le premier tome de la série Les Gestionnaire de l’Apocalypse, publié chez Alire, excellente série d’espionnage écrite par l’écrivain de Québec. Dans ce roman, qui porte sur un réseau international de trafic d’organes, un artiste fou résident et commettant son art dans la vieille capitale, utilise pour matière des êtres humains, parfos vivant, mais le plus souvent inertes, dans plusieurs cas, assassinés expressément pour la cause.  Les expositions de l’artiste font aussi scandal, pour les raisons que vous devinés.

Non que je soupçonne Gunther Von Hagens, l’anatomiste allemand auteur de l’expo, d’être aussi monstrueux que le personnage de Pelletier, mais la ressemblance entre les deux oeuvres est malgré tout frappante. La démarche de ce dernier est tout à fait sérieuse.

Évacuant tout le nuage nauséeux qu’amène avec elle cette exposition, je ne manquerai pas d’aller la voir cet été.

Je vais aller mettre mon estomac à l’épreuve. Moi qui n’ai jamais vu de mort de près de ma vie, peut-être est-ce que ce sera les seuls maccabées que je verrai de me yeux.

Rédaction et remoue d’idées

12 mai 2009

Si je publie peu depuis quelques semaines sur mon blog encore presque vierge, c’est que je suis un peu occupé à autre chose. Je participe cet été à un atelier d’écriture donné par l’écrivaine Élisabeth Vonarburg, et la rédaction d’une nouvelle pour cette formation accapare une bonne partie de mon temps libre.

Je n’ai pour l’instant rédigé que le premier jet d’une nouvelle qui nécessiterait encore beaucoup de réécriture pour être acceptable. Mais cette histoire me satisfaite peu. Je planche sur deux autres idées d’histoires parallèlement, mais dans les deux cas, le plan du scénario n’est pas encore achevé à deux semaines de la date de remise. De petits noeuds dans la trame du récit refuse de se dénouer dans mon esprit encore. Et à chaque fois que je me mets à triturer un scénario, des idées d’intrigues me viennent pour d’autres histoires. J’essaie parfois de les insérer dans l’une ou l’autre de ces premiers projets en chantier, mais alors, j’aboutis toujours à une giblotte trop complexe. Je note alors l’idée ailleurs, sous forme de court synopsis, en vue d’y réfléchir plus tard.

J’ai décidé aujourd’hui de revenir un peu à la première nouvelle, la plus avancé. J’y donnerai une forme acceptable, qui aura la taille demandée pour l’animatrice, soit 15 pages, et tant pis si je la trouve banale cette histoire.Au moins j’aurai une nouvelle d’écrite si jamais je n’ai pas réussi à produire une histoire que me satisfasse suffisamment.

Au fond, ce n’est qu’un exercice de formation. Il n’est guère obligé que ce soit la meilleure nouvelle que j’aie pu écrire de ma vie.

Peur et dégoût à Las Vegas

5 avril 2009

Mon frère Mathieu revient tout juste d’un séjour dans la capitale mondiale du jeton de poker, la mythique ville américaine du gambling et du néon.

Un peu comme le personnage du roman de Hunter S. Thompson et du film de Gillian qui s’en inspire, mon frère  s’est rendu dans ce haut lieu de l’arnaque dans le cadre d’un contrat de travail. Sauf que lui, il est caméraman et ne s’est pas vautré dans la consommation exacerbée de toutes les narcotiques existant sur cette Terre.

Non. Tout au plus a-t-il bu quelques bières.

Il s’est évidemment essayé au jeu… à misé un maigre 30 $ pour en récupéré 30 $ en fin de soirée. Belle moyenne, non ?

Il m’ a conté avoir voulu se risquer à une joute de dés, sur un table entourée de 2 ou 3 gars et de leurs jetons de plastique. Il avait 10$ dans ses poches. Il attendait patiemment qu’un tour se termine et lui permette de se joindre à la partie, lorsqu’un des joueurs a raflé la mise: «Ten douzen dollars for Mr. Smith » a fait le croupier sur un ton monocorde.  Mathieu a aussitôt avalé sa chique de gomme balloune de travers, dru dans le fond de son gossier, a tourné les talons et s’est éclipsé. Il s’est rabattu sur les machines à sous à 1 $.

Paraît que le jeu, ce n’est pas pour tous les porte-feuilles.

Mais la bière et les drinks sont toujours gratuits pour tout le monde. Ce n’est pas là-dessus que les casinos font leur profil, c’est sur les pertes des visiteurs. Et plus un joueur est affecté par l’alcool, moins il est raisonnable, plus il joue, plus il dépense. Alors la maison le lui paie, avec plaisir.

Las Vegas est un véritable palais de plastoche et de toc, m’a dit Mathieu, de luxe kitsch, tout un décor de richesse cheap, fake. Des restos d’un chic ennivrant, au prix d’un diner pour deux chez Harvey’s, un chic d’apparence. Pour faire tournoyer aux visiteurs et aux habitant l’impression d’être foutrement riche. Mais tout est abordable, à moins de se louer une chambre dans les grands hôtels et les restos 5 étoiles. Les hôtels et les restos bas de gamme s’offrent un decorum de palais princiers.

Les rues de la ville sont nickel, pas un déchet sur le macadam, ça brille de partout, les pelouze sont tondues au scalpel, les vitrine frottée au chiffon de soie, les taxis et les voitures n’exposent pas un miligramme de poussière bien que l’on soit en plein milieu du désert.  Des néons partout, des enseignes lumineuses, des milions de kilowatt-heure par jours.

À son arrivé dans la cité, Mathieu nous a envoyé une photo. Un choc culturel. La voici:

Las Vegas

Las Vegas

1 avril 2009

J’y allais un peu fort en écrivant que toute la faute repose sur les épaules des parents de ces ados.

Pas tout, non. Mais un bon 50 % je dirais, selon moi.

Le rôle de parent n’est pas des plus simples. C’est même la job la plus difficile qui soit. On porte (le on est un pronom exclusif: je n’ai jamais été père encore) dans nos bras une jeune vie, si fragile, si vulnérable, durant les années les plus décisives de l’existence, celles qui consolideront l’équilibre émotif, affective et psychologique de la personne, celle de la petites enfance, de l’enfance puis de l’adolescence. Le moindre geste, la moindre parole, la moindre caresse marque cette petite éponge, à jamais.
Ce n’est pas que nourrir et changer des couches, c’est éduquer, réconforter, former, aide ce petit être en croissance à se créer, à devenir adulte, à devenir un animal social. Lui apprendre les règles du jeu, les normes, les bonnes manières, les bonnes valeurs, apprendre à aimer, apprendre la discipline, apprendre interagir avec les autres.
Mon père me disait qu’on apprend jamais à être parent. Il n’existe aucun guide, aucun mode d’emploi adéquat, même les conseils des autres parents ne sont pas suffisant: c’est un métier qui s’apprend « sur le tas », par essai et erreur. Même au bout du troisième, on fait encore des erreurs, on apprend toujours du nouveau. Devenir parent, je crois, est un exercice d’humilité.
J’admire les jeunes parents que je connais, pour leur courage et le dévouement que cela exige.
Je ne peux m’imaginer à leur place, la charge de responsabilité que cela représente me ferait mourir d’angoisse.
À mon humble avis, les principales responsabilités d’un parent sont de montrer suffisamment à son enfant qu’il aime, lui procurer de l’affection et de la tendresse et surtout lui donner les outils pour devenir un être autonome, un adulte. Le premier outil pour y parvenir est la confiance en soi. Ça on ne nait pas avec. On l’apprend. La confiance est quelque chose de bien fragile, que l’on doit entretenir toute notre vie, réparer souvent, car la vie est truffé d’embuches, d’échec et d’erreurs qui sont autant de cause de fuite pour la confiance de soi. Et sans cette confiance, on ne peut plus avancer. Si nos parents nous on aidé à bâtir très jeune une estime de soi solide, les chutes à venir seront difficile.

La confiance en soi ce bâtit à la rencontre des autres, à la maternelle, à la garderie, à l’école, dans les parcs et les terrains de jeux, avec les autres jeunes. Guider son enfant dans la jungle, là est pour moi la tâche la plus importante. Car notre enfant n’est pas qu’un petit homo sapiens: c’est un animal social. L’humain ne peut vivre et ne peut même exister sans les autres.

Alors les parents doivent apprendre à leurs enfant à faire leur place dans la foule, dans cette véritable jungle qu’est la communauté humaine. Ils doivent leur transmettre du courage, de l’assurance, l’estime de soi pour savoir foncer, prendre une place et la garder, se faire reconnaître des autres.
Un gars me citait un jour un anthropologue qui disait que l’existence humaine est un éternelle combat à mort pour la reconnaissance, de la naissance à la mort: l’enfant naissant crie pour se faire reconnaître de sa mère pour qu’elle le nourrisse, plus tard il doit encore crier pour qu’elle continue de le nourrir, plus tard encore il devrait garder la reconnaissance de ses pairs pour continuer de manger, pour qu’on lui donne une job qui le nourrira. Si on vient à ne plus le reconnaître comme une personne de valeur, il perd sa job, sa place, il est rejeté du groupe, qui ne le nourrira plus et meurt. Si dans le groupe tu n’es plus reconnu comme une personne de valeur, le groupe de te rejette et te laisse crevé.

Voilà pour moi le plus important à transmettre à son enfant: la capacité à faire sa place dans le groupe, à devenir un véritable adulte.

Devant l’ampleur de la tâche que cela représente, j’admire aussi mes propres parents qui ont su transmettre ce savoir faire à leur trois bambins.

Mais beaucoup ont eu des enfants qui ont pris leur rôle trop à la légère et qui n’ont pas montré ça à leur rejetons. Ce fut le cas des parents de ce David Fortin, ce fut le cas des parents du David qui était mon ami au primaire, et de tous les autres martyrs.

Bienvenus sur Fuzz-Scriptum

25 mars 2009

Bienvenue sur Fuzz-Scriptum.

Je me permets d’abord un petit mot d’introduction, espèce de discours inaugural.

Pourquoi m’être créé un blog ?

Plusieurs intentions motivent la création de ce carnet virtuel.

D’abord, j’aime écrire. J’écris principalement de la fiction, de la S-F et du fantastique. Je compte toutefois très peu de publications à mon actif à ce jour. J’ai une écriture lente, timide et mal assurée.

Ce carnet se veut donc une autre occasion de gribouiller et un espace d’entraînement, sorte de Nautilus Plus de l’écriture.

Ce carnet se veut aussi une occasion de me faire lire, d’écrire avec la pression d’un lectorat qui aimera ou n’aimera pas. C’est stimulant.

Une amie de longue date à moi, Étolane, comme elle apprécie se faire nommer dans Internet – dans la blogosphère, bizzaroïsme par lequel plusieurs appellent cette dimension de l’univers – m’encourage depuis 6 ans à ouvrir un blog. Elle écrit depuis longtemps et tout comme moi, souffre d’une plume incertaine et chevrotante.

Enfin, souffrait.

Son écriture est désormais fluide. Car elle s’est mise au bloguage dans le but d’améliorer son écriture, pour la pratique quotidienne, pour entraîner le muscle, le rendre ferme, rapide et souple à la fois. Pour que le robinet se mette à couler instantanément pour emprunter sa propre expression.

Car c’est ce qu’il faut lorsqu’on désire écrire un roman. Faut éviter la panne. Pas tant la panne d’inspiration, des idées et de la création que la panne de la rédaction. Il faut être en mesure, à chaque instant, d’enchaîner les mots, construire des phrases, mieux encore, développer un texte continu, narrer n’importe quoi, ou presque, là, maintenant, à GO.

Pas de panique si ce qu’on écrit n’est pas fameux, pas aussi bon qu’on le voudrait, si c’est nul, plate, ouache ! On reverra ça plus tard, body ! Laissons reposer quelques heures ou quelques jours et on changera les mots qui ne sont pas à leur place, les personnages qui ont mis le pied dans la mauvaise histoire, on les biffera, on les changera de sexe, on leur ajoutera une moustache.

Nous ne vivons plus à une époque où le papier coûtait une fortune, où le moindre coup de plume d’oie raté gaspillait quelques précieuses feuilles de matière ligneuse. On ne tue plus inutilement un bout d’arbre à chaque brouillon jeté à la corbeille. On écrit directement à l’écran. C’est moins bucolique que dans les contes de fée d’écrivains, vous savez, ces Balzac qui pondaient des briques d’or à la plume, sur des milliers de feuilles jaunes. Mais c’est plus efficace, moins de gaspillage, on n’a aucune raison de se retenir.

Alors la Étolane, voulait me convaincre, depuis 2003 de me partir un blog pour pratiquer l’écriture au quotidien. C’est l’outil qu’elle a trouvé. Moi je ne voyais pas l’intérêt à l’époque. Qu’est-ce que j’aurais à écrire moi ? Je craignais que ce site-jeu ne soit pour moi qu’une autre source de distraction. Que j’en viendrais à écrire plus là-dessus que pour une nouvelle. Perte de temps et d’énergie. Je savais aussi que j’abandonnerais un jour ou l’autre le truc, comme maintes autres choses (comme des dizaines de projets que je note dans mes carnets, dans mon agenda, des histoires dont j’esquisse un scénario et que je ne finis jamais).

Aussi, je n’avais rien à dire, rien à conter. Tant qu’à écrire sur le Web, je voulais identifier un thème, un sujet à traiter, faire en quelque sorte du journalisme de salon.

J’ai pensé créer une sorte de magazine virtuel – webzine ? – vous voyez, portant sur les auteurs émergeants, les micro-éditeurs de livres québécois, les micro-revues littéraire, sur la musique à Québec. Peut-être à la manière de Fractale Framboise, ou de P45 ou Buzz.info.

Il me fallait un but.

Je suis comme ça, j’ai besoin d’un objectif précis, de connaître la finalité et le résultat d’un projet avant de m’y engager et surtout d’être certain de sa pertinence.

Je ne devrais pourtant pas écrire sous cette motivation puisque, on le sait bien, très faibles sont les opportunités de publication. On dit qu’au Québec, moins de 1% des manuscrits (romans, essais, nouvelles) soumis aux éditeurs seront publiés. Cependant, avoir l’assurance que le texte sur lequel nous transpirons apparaîtra en Garamond entre des feuillets reliés gonfle tellement la motivation.

J’avais une crainte aussi. Celle de faire du moi-moi-moi. Me faire la vedette. Faire de ma vie un téléroman TVA. Ce à quoi le blog semble principalement utilisé. Des nobodies, des Gisèle de Laval, des Mario de Cap-aux-Os, qui étalent sur la Toile de leurs états d’âme, dévoilent leur vie au monde entier. Qui n’ont, en vérité, absolument rien d’intéressant à raconter. M’intéresse pas, ou très peu.

L’exhibitionnisme, vice médiatique moderne, est terriblement attirant, il faut se l’avouer.

Nous sommes constamment happés dans les magazines et la télévision par la vie privée des personnalités publiques, les acteurs, musiciens, politiciens (Sarkozy, Obama), «lofteurs», «staracadémiciens», que nos vies anodines, normales, dodo-métro-boulot-dodo, nous paraissent infiniment banale. Nous rêvons tous autant que nous sommes de faire la première page du People.

Qu’offre le blog ? Cette vitrine qui la magnifiera notre banalité. Un mercredi raconté noir sur blanc (ou blanc sur noir, rouge sur gris…) gagne énormément en valeur, s’échappe de sa nature ordinaire et profane.

Parler de soi peut avoir de l’intérêt, tout dépend de la manière dont c’est fait.

Mon amie Étolane entre autres sait le faire. Dans son blog, elle parle de sa vie de famille, de sa vie de couple, mais surtout, dans les 4 dernières années elle à publier un extraordinaire journal de réflexion sur sa grossesse et sa vie de mère, sa maternitude ou mamamitude comme elle dit, teinté d’humour, d’anecdotes du quotidien, à la fois instructif et divertissant. Et surtout bien écrit. Il y a une souffle, une poésie. Ça atteint le littéraire, je dirais.

Elle va plus loin que l’auto-fiction, elle philosophie sur la parentalité. Elle saisit de petits moments ridicules de la relation parent-enfant ou conjoint-conjointe, en tire l’essentiel, nous le projette sur la toile et vient appuyer sur notre piton de la remise en question,

Pas surprenant que son blog soit l’un des plus visités au Québec, voir de la francophonie.

Je ne veux pas parler de moi. Du moins, pas trop – tapez moi sur les doigts si je commets la faute.

Étolane, qui est entrer dans la blogosphère avant même que ce ne deviennent un véritable phénomène, me prévenait devant ce mal du blog. Ce sentiment de se sentir star, écrivain vedette, simplement parce que 100 personnes viennent te lire. Plusieurs y sombrent, j’en ai vu des exemples pitoyables.

C’est tentant, non, de faire de l’exhibitionnisme ? Tomber dans le narcissisme ? Sur Internet surtout. On peut si facilement se sentir maître du monde ici. Nous avons une page à nous seul, juste pour nous ! Tout le monde peut nous lire, savoir qui nous sommes. Le monde est à nous !

Bref.

Que vais-je publier ici ?

Des essais, des billets d’information sur des sujets qui m’intéressent.

Critiquer des livres, des films, des disques, des shows.

Chiâler parfois, certain.

Annoncer des trucs que je fais, aussi.

Raconter des histoires aussi, des fictions. Divaguer.

À bientôt.