L’exposition Bodies… et «La chair disparue»

J’apprenais aujourd’hui que la controversée exposition Bodies ouvrait cette fin de semaine à Québec, à l’Espace 400e.

Je n’ai entendu parlé de cette exposition qu’entre les branches, un peu dans les journaux, n’ai vu que quelques extraits en images. J’ai eu vent de l’odeur  de la contreverse qui l’entourait ces dernières semaines, mais n’y ai pas porté grande attention, outre que je trouvais le sujet intéressant. Alors, de retour chez moi en fin d’après-midi ce dimanche, je suis allé lire sur le Net à son sujet, question d’en savoir un peu plus.

C’est une expo créée par un médecin allemand qui avait pour but de présenter le corps humain sous un angle à la fois éducatif et artistique. Mais sans aucun doute aussi pour bousculer un grand tabou: montrer les dessous inesthétiques de notre machine de chaire, de notre saint corps ! Le corps humain, contrairement à la majorité des autres corps animaux, parce qu’il est le nôtre devrait-il être traité avec plus d’estime ? Je ne crois pas personnellement.

Il y a quelques siècles, De Vinci nombres d’autres artistes et scientifiques de la Renaissance avaient, illégalement,  ouvert des corps d’hommes et de femmes pour en examiner les entrailles et en cartographier le contenu dans le noble but mieux connaître le fonctionnement du méchanisme dans lequel nous vivons. Ces hommes avaient osé affronté cet interdit presque universel pour le bien de l’humanité, s’étaient risquer à de cruelles condamnations pour nous permettre de mieux nous connaître. Aujourd’hui, que l’utilisation de corps pour des fins scientifiques est tout à fait légalisé, un homme a eu l’idée d’en faire la matière d’une oeuvre muséale.

Et c’est encore très audacieux de sa part.

D’abord, en en entendant parler, j’ai trouvé cela troublant mais attirant à la fois. Nous présenter notre propre anatomie avec de vrais de vrais corps humains, et non pas, comme ces biblots de plastique que l’on peut voir chez notre médecins  ou dans la classe de biologie au secondaire qui représentent un soit un coeur, un cerveau, un poumon, un système digestif…  mais ce sont de vrais de vrais organes, de vrais de vrais muscles, intestins, tendons, os et nerfs.

Comme plusieurs, je me suis dis que le créateur avais dû utiliser des cadavres de morts qui avaient volontairement légué leur corps à la science. Neni ! On apprend que ces corps ont été récupérés en Chine dans des banques de corps non réclamés et non identifiés. Bof ! Pis après, je me dis. Le mort, il est mort, il n’y avait personne pour le reconnaître, ce devait être un robineux de Shangai ou Pékin, un sans famille, un abandonné de tous. Pour moi, une fois qu’on est mort, c,est fini. Si on tenait à ce que nos restes soient traités avec une quelconque forme de cérémonial et d’honneur, on n’avait qu’à s’y préparer avant de mourir, faire la demande à nos proches ou si en l’absence de proches (pour un ermite ou un itinérant sans famille, trouver quelqu’un de responsable pour disposer notre carcasse. Plusieurs, j’admets avec raison, discutent du caractère éthique de la démarche de l’auteur: les corps sont (étaient) chinois, on ne connaît leur origine et sachant que le gouvernement de pays est l’un des moins respectueux des droits humains, rien ne nous assure que ces hommes et femmes n’étaient pas des prisonniers politique, Tibétains par exemple, torturés, violés, imaginons-quoi-que-nous-voulons.

L’expo a été interdite dans plusieurs pays pour plusieurs raisons (tabou universel de l’exposition du corps humain comme objet, esthétique dégoutante de ces morceaux de chaire vives) mais surtout parce que la provenance des corps étaient discutable.

La première idée qui m’est venue en apprenant l’arrivée à Québec de cette exposition était que j’y voyais une étrange similitude avec un roman que j’avais lu cet hiver: La chair disparue, de Jean-Jacques Pelletier. C’est le premier tome de la série Les Gestionnaire de l’Apocalypse, publié chez Alire, excellente série d’espionnage écrite par l’écrivain de Québec. Dans ce roman, qui porte sur un réseau international de trafic d’organes, un artiste fou résident et commettant son art dans la vieille capitale, utilise pour matière des êtres humains, parfos vivant, mais le plus souvent inertes, dans plusieurs cas, assassinés expressément pour la cause.  Les expositions de l’artiste font aussi scandal, pour les raisons que vous devinés.

Non que je soupçonne Gunther Von Hagens, l’anatomiste allemand auteur de l’expo, d’être aussi monstrueux que le personnage de Pelletier, mais la ressemblance entre les deux oeuvres est malgré tout frappante. La démarche de ce dernier est tout à fait sérieuse.

Évacuant tout le nuage nauséeux qu’amène avec elle cette exposition, je ne manquerai pas d’aller la voir cet été.

Je vais aller mettre mon estomac à l’épreuve. Moi qui n’ai jamais vu de mort de près de ma vie, peut-être est-ce que ce sera les seuls maccabées que je verrai de me yeux.

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2 Réponses to “L’exposition Bodies… et «La chair disparue»”

  1. Cloé LAMARCHE Says:

    Je n’ai pas pour habitude d’ecrire des commentaires sur les blogs que je lis mais j’aime beaucoup votre blog.

    • Guillaume Marchand Says:

      Merci. Il est dommage alors que je n’écrive plus beaucoup — pour ne pas dire plus du tout — dans mon blog. Je m’y remetterai bien un moment donné.

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