Le cri primal: la sortie des eaux
Le cri primal: l’appel inaugural de notre traversée dans l’Autre qui nous intriguait, qui était croyait-on une part de notre être. Une prière, prière de retourner à la chaleur. Une faim – encore une première sensation jamais vécue – nous brûle. Nous savons que nous ne pouvons l’apaiser seul. Nous le comprenons cruellement à ce moment précis où le cri émerge de notre gorge étroite et humide, jamais nous n’avons vraiment été seul et unique, nous savons dès lors que nous sommes dépendant de l’Autre. Des mains chaudes nous prennent, nous soulèvent, nous collent contre un corps bouillant. Oui la chaleur, notre nourriture. Nous sommes sauves, bien, heureux. Un sein se présente à nos lèvres, le Coeur-qui-battait-pour-nous bat toujours, tout près.
Le sein et le coeur de notre mère, jamais plus nous ne voudrons les quitter, mais notre nouvelle vie nous y contraindra.
Toujours, homme comme femme nous chercherons à le reconquérir.